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[fr] 
[extrait]
Etienne Hatt : En quête d’images, 2020
artpress n°474 

(…) Ce que l’une et l’autre [De Beyter et Young] font de leur enquête dans les images les distingue de ces artistes qui furent appelés archivistes ou iconographes (1). Bien sûr, à l’instar des archivistes, De Beyter et Young explorent visuellement un sujet. Pourtant, l’intérêt de leur collecte ne réside pas dans le modèle de classement qui neutralise les images mais dans les images elle-mêmes. De Beyter et Young les choisissent à chaque fois pour une raison spécifique. A ce titre, ils se rapprochent des artistes iconographes qui réunissent, souvent en constellations, des images singulières et hétérogènes. Mais ils s’en éloignent en n’en montrant au lieux que quelques unes, en les associant avec les leurs, voire en les remplaçant. Ainsi, la grande différence avec les iconographes est que la collecte d’images n’est pour De Beyter et Young pas une finalité mais un préalable.

L’enquête visuelle permet à Young de saisir les différentes représentations d’un même sujet dans le temps et l’espace, des pionniers de la conquête de l’air dans les cartes postales de Maubeuge aux dernières expéditions spatiales au Musée du Bourget. Mais son ambition n’est jamais documentaire. Par exemple, elle ne compte pas sur les images d’archives pour donner une idée du hangar aujourd’hui détruit. Elle exploite moins leur valeur descriptive que leur ressources formelles ou leur pouvoir d’évocation. Sous la forme de livre ou d’exposition, cette série relie les différentes imageries en brouillant la géographie et la chronologie par une approche fragmentaire qui ne délivre qu’une histoire volontairement décousue.

(…) Il est sans doute possible de rapprocher ces projets s’appuyant sur des enquêtes visuelles de ces champs de recherche autour de l’image, de la vue et de la visibilité ouverts par l’histoire visuelle et les études visuelles, dont la perspective est critique. Peut-être peut-on aussi dresser un parallèle avec les enquêtes documentaires (4) d’autres photographes qui, inspirés par des protocoles des sciences humaines, proposent, en croisant les sources, une réflexion sur le réel sous forme d’expérimentation. Excepté qu’ici, ces deux photographes prennent encore davantage de champ critique, piochant librement chez les archivistes, les iconographes ou les investigateurs. (…)

[en] 
[extract]
Etienne Hatt : In search of images, 2020
artpress n°474

What both of them [De Beyter and Young] make of their investigation into the images distinguishes them from those artists referred to as archivists or iconographers (1). Of course, like archivists, De Beyter and Young explore a theme. However, what is interesting about their collection doesn’t reside in the classification model, which neutralizes images, but in the images themselves. De Beyter and Young choose them each time for a specific reason. As such, they get closer to iconographic artists who bring together, often in groups, unique and heterogeneous images. But they move away from this by showing only a few at most, associating them with their own, or even replacing them. The big difference with archivists and iconographers is that image collection isn’t for De Beyter and Young a goal, but prerequisite.

The visual investigation allows Young to capture the different representations of the same subject in time and space, from the pionners of the conquest of the air in Maubeuge postcards to the latest space expeditions at the Musée du Bourget. But their ambition is never documentary. For example, she doesn’t rely on archive footage to reconstruct the now-destroyed hangar. She exploits their descriptive value less than their formal resources or their power of evocation. In the form of a book or exhibition, this series links the different imagery by blurring the geography and the chronology by a fragmentary approach, which delivers only a deliberately disjointed story.

(…) It is no doubt possible to compare these projects based on visual surveys of these research fields around the image, sight and visibility opened up by visual history and visual studies, the perspective of which is critical. Perhaps we can also draw a parallel with the documentary investigations (4) of other photographers who, relying on protocols drawn from the social sciences, offer, by drawing upon different sources, reflection in the form of experimentation. Except that here, these two photographers take on an even more critical field, freely drawing upon archivists, iconographers and investigators. (…)

Publications
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– L’utopie Fantôme, livre d’artiste, 2019 – texte de Jean-Christophe Arcos


– Résidence au Studio BWA, 2017 – texte de Beata Bartecka


Souvenirs de Roubaix, La Fabrique du regard du BAL, 2016


Revue Facettes #0, 2014 – texte de Marie Pleintel

– Publication monographique, 2014- Résidence qu(ART)tier – territoire de Saint-Omer, 2014
– Catalogue d’exposition Format à l’italienne, 2013
– Revue Inside Art (Italie), juin 2013